Accompagnement Deuil / fin de vie

Soigner l’âme est aussi important que traiter la maladie. J’aide les personnes à affronter la perspective de la mort avec plus de sérénité et de spiritualité.


Clé de sol en forme de sablier avec du sable bleu, posé sur des cailloux. Le fond est sombre et flou.

Depuis toujours, le moment du départ me fascine autant qu’il me bouleverse. J’ai perdu mon papa très jeune, emporté par une souffrance psychologique invisible mais dévastatrice. Cette expérience a profondément marqué mon regard sur la vie, la mort, et surtout sur ce qui relie l’humain à quelque chose de plus grand que lui. Très tôt, j’ai compris que la psychologie et la spiritualité ne s’opposent pas : elles se renforcent, se complètent, se répondent.

Aujourd’hui, j’accompagne des personnes hospitalisées ou engagées dans un parcours de soins avec une approche globale, profondément humaine. Une prise en charge qui ne s’arrête pas au symptôme ou au diagnostic, mais qui accueille l’être dans toutes ses dimensions : le corps, l’esprit, et l’âme — cette part essentielle que l’on oublie trop souvent, surtout quand la médecine atteint ses limites.

Selon les besoins, j’offre des espaces de sophrologie, de massage, de méditation, en individuel ou en groupe, mais aussi des temps de parole et de silence, où la spiritualité peut exister librement, sans dogme, sans injonction. Un espace sécurisé pour déposer les peurs, les questions, les doutes… et parfois simplement respirer.

En fin de vie, le besoin de sens devient vital. Quand le temps se resserre, les questions profondes émergent : Pourquoi ? Qu’est-ce qui reste ? Ai-je vraiment vécu ? Mon intention est d’apaiser ces interrogations, d’ouvrir un dialogue avec la mort pour diminuer l’angoisse qu’elle provoque. Le sens de la vie n’est pas un luxe philosophique : c’est un pilier. Sans lui, l’être humain se sent vite perdu, abandonné, vidé de l’intérieur.

Prendre le temps de faire silence est déjà un acte de soin.

À qui s’adressent ces soins corps et âme ?

Ces accompagnements s’adressent avant tout aux personnes en soins palliatifs, atteintes d’une maladie incurable. Certaines sont en fin de vie, d’autres ont encore des années devant elles. Pour ces dernières, le défi est immense : apprendre à habiter une nouvelle vie avec un corps transformé, parfois amputé, et un futur incertain. Retrouver du sens devient alors un acte de survie intérieure.

Ces soins sont également destinés aux proches. Ceux qui veillent, qui s’épuisent, qui aiment et qui ont peur. Ils offrent un espace pour reprendre souffle, trouver une posture juste face à la maladie, à la perte, et à soi-même.

Prendre le temps de faire silence est déjà un acte de soin. Grâce à la Sophrologie Dynamique, utilisée comme porte d’entrée, il devient possible de laisser les pensées circuler librement, sans les retenir ni les combattre. Peu à peu, l’attention se pose dans l’ici et maintenant. Un état singulier émerge alors : un niveau paradoxal d’éveil, où l’on est à la fois profondément détendu et intensément présent. La qualité de l’instant se transforme, gagne en densité, en profondeur. Une paix subtile s’installe, apaisante, enveloppante.

 La sophro-relaxation ouvre le champ de la conscience. Elle invite à se faire confiance, à relâcher le besoin de tout comprendre, de tout contrôler, de tout diriger avec le mental — ce commentateur incessant qui monopolise nos vies. Il ne s’agit plus de saisir, mais de ressentir. Plus de lutter, mais d’accueillir.

 Cesser de croire systématiquement nos pensées et nos jugements permet de revenir au plus près du réel : les faits, les sensations, les perceptions. L’état sophrologique agit également sur la douleur — cela a aujourd’hui été démontré scientifiquement à de nombreuses reprises. Méditer ne fait pas disparaître la douleur par magie, mais transforme radicalement la manière de l’habiter. Elle devient plus supportable, moins envahissante et permet souvent de mieux traverser les traitements lourds comme la chimiothérapie, la radiothérapie ou la chirurgie.

Au-delà du soulagement, ces pratiques rendent la personne actrice de son chemin de soin. La maladie n’est plus seulement un ennemi à combattre, mais aussi un message à écouter. Elle invite à revenir au corps, à ressentir finement, à entendre ce qu’il a à dire. Les espaces de parole qui accompagnent ces pratiques insufflent de l’espérance. Ils contribuent à diminuer l’anxiété et les états dépressifs, à recréer du lien avec la famille, à ouvrir un dialogue sincère autour de la mort et de sa propre mort.

Cet accompagnement se prolonge également après le décès, lorsque la perte a déjà eu lieu. J’interviens auprès des familles, des proches, des adultes comme des enfants, juste après l’annonce ou dans les heures et les jours qui suivent la mort d’un être cher. Ce moment est une étape cruciale, souvent négligée dans notre société moderne.

Arbre nu au centre d'un paysage lors du coucher du soleil, avec un ciel pastel en dégradé.

Aujourd’hui, tout va très vite. On se concentre sur ce qu’il faut faire : démarches, formalités, organisation. Mais on oublie trop souvent d’être avec ce qui traverse. Les émotions sont mises entre parenthèses, retenues, étouffées. Or, c’est précisément à cet instant — lorsque la mort survient — que l’accompagnement émotionnel est le plus nécessaire.

Ma présence offre un espace pour ralentir, pour écouter ce qui se vit intérieurement, pour accueillir le choc, la tristesse, la colère, la sidération, l’amour. Un espace où l’on peut déposer sans masque, sans urgence, sans devoir « tenir ». Je me tiens là comme une lumière dans l’obscurité, comme un pont entre les vivants et les morts, afin que ce passage ne soit pas vécu dans la solitude intérieure.

Accompagner ce moment avec justesse permet d’inscrire un souvenir différent de cette étape fondatrice. Lorsqu’elle est reconnue, honorée, traversée avec présence, elle soutient profondément le processus de deuil à long terme. Elle permet aux familles de rester reliées, de donner une place à l’absence, et d’ouvrir un chemin plus apaisé vers la suite.

Parler de la fin, c’est souvent mieux vivre le présent. Cela permet parfois d’aborder plus sereinement le moment du dernier souffle, un instant fondamental, déterminant pour la suite. Car je suis profondément convaincu que la mort du corps n’est pas celle de l’âme. Que la conscience n’est pas produite par le cerveau, mais qu’elle existe au-delà, délocalisée. Je crois que nous traversons plusieurs vies, et que l’ensemble compose la grande Vie de notre nature humaine.

C’est pour cela que ce « passage » est si essentiel à mes yeux. Comme pour une naissance, il mérite d’être accompagné avec soin, douceur et présence. Mon intention n’est pas de déjouer la mort, ni de la nier, mais de la regarder telle qu’elle est : un fait — je dois mourir. Et non à travers le filtre de nos peurs, de nos projections mentales : le vide, le néant, la séparation, l’abîme.

Et si ce passage n’était pas aussi effrayant qu’on nous l’a appris ?
Et s’il pouvait, lui aussi, être vécu dans la paix ?

Prendre contact

La vie ne s’arrête jamais, c’est la forme que prend celle-ci qui change.